Bronchopneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) et risque infectieux - FODABI SANTE MAGAZINE

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jeudi 12 novembre 2020

Bronchopneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) et risque infectieux

La BPCO est une maladie respiratoire chronique définie par une obstruction permanente et progressive des voies aériennes. Elle est fréquente dans la population française et certainement sous-diagnostiquée car les symptômes peuvent être frustres ou isolés (1,2). Elle s'accompagne d'un risque élevé de complications infectieuses bronchique et pulmonaires (3). Ainsi, le risque de pneumonie est multiplié par 10 par rapport à la population générale (4,5). Il est possible de faire face à ce risque élevé grâce à quelques éléments de prévention notamment pour certains types de pneumonies telles que les pneumonies à pneumocoque. Une des préventions qui a fait la preuve de son efficacité, vis-à-vis du risque de pneumonie à pneumocoques, est la vaccination anti-pneumococcique avec un schéma à 2 injections (6). Les patients atteints de BPCO sont aussi très sensibilisés face à la grippe du fait d’un risque d’infection plus élevé et des complications plus fréquentes. Aussi, il est nécessaire de les sensibiliser à la vaccination annuelle contre la grippe (6,7,8,9).

 

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Bronchopneumopathie Chronique Obstructive

Épidémiologie

On estime que 3,5 millions de personnes sont atteintes de BPCO en France dont 16 000 en décèdent chaque année (7). Il s’agit d’une pathologie sous diagnostiquée (1) car elle reste peu symptomatique sur une longue durée et la toux et l’expectoration qui la caractérisent sont inconstantes.(2)
La BPCO est plus fréquente chez l'homme mais son incidence est en augmentation chez la femme, elle est plus fréquente chez les personnes âgées de plus de 45 ans (1,7).

Physiopathologie

La BPCO est définie par la HAS comme un trouble ventilatoire obstructif se caractérisant par un rapport VEMS/CVF < 70 % après administration d’un bronchodilatateur au cours d'explorations fonctionnelles respiratoires (1).
Elle s’accompagne fréquemment d'une inflammation chronique des voies aériennes pouvant conduire à long terme à une diminution des capacités respiratoires (1,10).

BPCO physiopathologie

Il est nécessaire aussi de sensibiliser le patient à la prévention vaccinale car la BPCO rend le patient d’avantage sensible aux infections (3).

Facteurs aggravation BPCO

Comorbidités

Les malades atteints de BPCO ont fréquemment des comorbidités à rechercher systématiquement (maladies cardiovasculaires, diabète…) car elles contribuent au risque de complications, en particulier infectieuses.

Des données internationales, fondées sur une méta-analyse portant sur 29 études publiées entre 1980 et 2015, indiquent que les patients atteints de BPCO ont deux fois plus de risque de présenter une maladie cardiovasculaire que les patients indemnes de ce trouble ventilatoire (OR=2,46 p<0,0001) (11)

En France, une étude descriptive multicentrique portant sur 1824 patients hospitalisés pour une exacerbation aigue de BPCO entre octobre 2006 et juin 2007 confirme ces données. La population étudiée, constituée d’hommes à 77%, était âgée de 70,3 ans en moyenne et comportait 60,8% d’anciens fumeurs et 32,6% de fumeurs actifs. Plus de la moitié des patients (52,6%) présentaient une comorbidité ou une complication cardiovasculaire ; 79% des exacerbations étaient d’origine infectieuses et 87% des patients ont eu besoin d’une oxygénothérapie (12)

Facteurs de risques

La principale cause de la pathologie est le tabagisme, qui représente 80-90% des cas de BPCO (2) :

  • Cela représente plus de 20 paquets/années (homme) ou plus de 15 paquets/années (femme)
  • Ce tabagisme peut être associé ou non à l’inhalation de cannabis
  • Ces chiffres incluent le tabagisme passif (1)

Un paquet-année : la consommation de 1 paquet de cigarettes (20 cigarettes par paquet) par jour pendant 1 an (soit 365 paquets). Par exemple un homme qui a fumé 40 paquets/années peut avoir fumé soit un paquet par jour pendant 40 ans soit 2 paquets par jour pendant 20 ans. 

Les autres causes peuvent être liées à une exposition professionnelle ou domestique à des toxiques ou des irritants (1,2) :

  • Silice
  • Poussières de charbon
  • Poussières végétales et de moisissures

Diagnostic et prise en charge

Les professionnels de santé doivent évoquer un diagnostic de BPCO chez tout fumeur même occasionnel car le tabagisme en est le principal facteur de risque. Des expositions professionnelles ou domestiques avec des toxiques ou des irritants doivent aussi y faire penser. 
Le diagnostic doit être évoqué devant (1) : 

symptomes BPCO

Quand le diagnostic de BPCO est établi, il faudra en évaluer la gravité, mesurer l'état nutritionnel et chercher les comorbidités fréquemment associées (maladies cardiovasculaires, cancer bronchique, apnées du sommeil, etc.) et la déclarer en affection de longue durée (ALD). Une évaluation pneumologique peut être nécessaire en cas de doute diagnostique, de forme grave ou pour prescrire, par exemple, de l'oxygène au long cours ou une réhabilitation (1).
La principale complication aiguë des BPCO est l'exacerbation (1,13) :

  • L’exacerbation est un épisode caractérisé par :
    • Une majoration des symptômes respiratoires débutant de façon aiguë
    • Une durée supérieure à 48h
    • Ou justifiant une modification thérapeutique
  • Les exacerbations ont un impact sur la qualité de vie, les comorbidités et la survie du patient. Une exacerbation sévère avec insuffisance respiratoire aiguë est une urgence médicale
  • Les infections virales ou bactériennes sont le principal facteur déclenchant 

Les infections pouvant être responsables d’exacerbations aiguës de BPCO sont de 2 types (14) :

  • Infections virales : elles seraient responsables de 30% des exacerbations. On y retrouve le plus fréquemment les virus de la grippe, les rhinovirus et le virus respiratoire syncytial
  • Infections bactériennes : Haemophilus influenza, Moraxella catarrhalis et Streptococcus pneumoniae 

Dès que le diagnostic de BPCO est établi, il faudra lutter contre les facteurs aggravants la maladie et prévenir les complications (13) :

Facteurs d’aggravation précoce
Facteurs d’aggravation tardive
  • Stade de la maladie
  • Encombrement bronchique important
  • Aggravation rapide de la dyspnée
  • Episodes antérieurs d’exacerbations ayant nécessité une hospitalisation
  • Exacerbations fréquentes
  • Âge avancé

  

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